La Galerie Donald Browne présente César et Moi de Louis Fortier

10 octobre au 14 Novembre 2009

Se mesurer à un chef d’état tout-puissant ne saurait se réduire à une simple entreprise narcissique. Avec Les variations juliennes, Louis Fortier tisse délibérément un lien générationnel entre sa quête identitaire contemporaine et Jules César. Il remonte donc le cours de l’Histoire, s’inspirant chemin faisant des mythes, empires, royaumes sur lesquels s’érige désormais notre époque. Pour se faire, l’artiste travaille à partir d’un moulage de sa tête dont il retire les empreintes, qu’il modèle par la suite durant le bref intervalle avant la prise.

 Le faciès de César s’est imposé à Fortier pendant qu’il façonnait une tête. Comme il se plait à le dire, son travail artistique « sollicite l’accidentel, réclame l’inconnu, tente de souligner la fugacité de l’existence, beau contraste avec LUI, le froid calculateur qui projetait chacune de ses actions en vue de contrôler les moindres fils de son ambitieuse destinée, incluant l’image qu’il voulait laisser à la postérité.»

Le plâtre, le ciment et la résine se sont substitués à la pierre dans les études physionomiques du général victorieux. Fortier emploie des matériaux à la chimie imprévisible pour évoquer la nature changeante des êtres. À la notion de permanence et de contrôle propre à la statuaire classique, Fortier injecte donc une part de vulnérabilité et de sensations fugitives.

 Ainsi, l’artiste se joue-t-il de la puissance des illustres pour mieux souligner notre condition d’êtres mortels aux prises avec le circonstanciel.