Déroutes quotidiennes (programme long, dit de la reconstruction) Avatars, angles, moules et fuites, 2007.
L’installation Déroutes quotidiennes regroupe plus de 200 fragments anatomiques moulés en cire et en plâtre à partir de la tête de l’artiste. Certaines pièces sont disséminées par petits groupes sur les murs alors que d’autres sont placées sur une plateforme à quatre paliers. Cet ensemble sculptural donne à voir différentes formes biomorphiques allant du rendu illusionniste au monstre, de la caricature à l’informe. L’agencement de toutes ces pièces sculptées offre divers points de vue sur les distorsions pratiquées par l’artiste sur le moulage de sa propre tête.
La présence des moules qui ont servi à la fabrication des pièces à même le dispositif de présentation vient créer un basculement de l’espace, une zone incertaine entre l’atelier comme lieu du processus de création et l’espace d’exposition comme lieu où s’arrête définitivement les choix. Cet effet est grandement redevable de l’approche boulimique adoptée, la profusion des éléments n’ayant d’égale que la manière dont les objets et les moules se positionnent les uns par rapport aux autres dans un chaos qui ne l’est qu’en apparence. La presque totalité des objets produits dans le cadre du projet Déroutes quotidiennes étaient présents dans la version présentée à Montréal comme le sous-titre l’indique d’ailleurs : Programme long dit de la reconstruction. Avatars, angles, moules et fuites. L’exposition La tête au ventre présentée du 17 janvier au 22 février 2007 à la galerie Leonard et Bina Ellen de l’Université Concordia (commissaire Mathieu Beauséjour) regroupait trois autres artistes qui jouaient sur la profusion ornementale et le grotesque.