INCARNATIONS de LOUIS FORTIER
À la Galerie Donald Browne Art Contemporain
Montréal, le 15 novembre 2007 La Galerie Donald Browne présente INCARNATIONS. L’occasion de venir découvrir les plus récentes œuvres de Louis Fortier, du 17 novembre au 22 décembre 2007.
Dans son travail de sculpture, Louis Fortier examine ses états d’âme à la lueur des replis de son propre visage. Objet d’étude choisi en fonction de sa faculté à concentrer les traits distinctifs de l’individualité, la tête est toutefois soumise aux aléas de programmes conçus expressément pour engendrer des refontes et des dérives : «Je tente de traduire les accidents de la vie courante, la fugacité de l’existence et, plus indiciblement peut-être, les pensées furtives qui jalonnent le tempspassé dans l’atelier». À partir d’une réplique exacte de l’anatomie du «sujet», s’enclenche un processus de déformation : mettant à profit la malléabilité de la cire encore chaude, les têtes sontretirées des moules avant l’heure, ce qui a pour effet d’engendrer des métamorphoses qui en viennent à composer des galeries de personnages, comme s’il s’agissait de repositionner le modèle hors de lui-même.
Regroupés sous le vocable Incarnations, les travaux récents de Louis Fortier ont pour projet de revisiter le retour à l’antique, soit, un phénomène qui a ressurgi de temps à autre à certains moments de l’histoire de l’art et dont l’esprit consiste à remettre l’idée de permanence au goût du jour. L’artiste prend le parti de nous transporter dans l’univers des mythes qui circulent autour de quelques personnalités historiques reconnues pour avoir exercé un pouvoir tyrannique sur le commun des mortels : on y retrouvera une lignée d’empereurs aux faciès tordus mais également quelques divinités réinventées. Ces personnages colorés et grotesques, plus grands que nature,choisis pour incarner les dérives identitaires de l’artiste n’ont d’égal que la cruauté que l’histoireleur prête si souvent, tel qu’en témoigne l’allure hautaine et arrogante qui se dégage de leursmines patibulaires.
Curieusement, une équivalence se forme entre le caractère imprévisible de la cire et lessoubresauts d’humeur qui se dégagent de cette suite de portraits peu flatteurs de la nature humaine. Ce chassé-croisé temporel entre l’artiste-modèle et ses multiples incarnations nousentretiendrait-il d’un désir d’immortalité sous-jacent à un narcissisme contemporain aux prises avec la conscience de la dimension éphémère de notre passage charnel sur la terre ?