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Montréal, le 20 février 2012 - La Galerie Donald Browne présente MÉTAMORPHOSES de LOUIS FORTIER, du 25 février au 14 avril 2012. L'artiste sera présent à la galerie le 25 février de 16 h à 19 h.
Exceptionnellement, la galerie sera ouverte pour la Nuit Blanche jusqu’à 2 h.
Sachez qu’il n’y a rien de stable dans l’univers entier ; tout passe, toutes les formes ne sont faites que pour aller et venir. Le temps lui-même s’écoule d’un mouvement continu, ni plus ni moins qu’un fleuve.
Ovide
Depuis quinze ans, Louis Fortier revisite son anatomie — et plus particulièrement son visage — à la manière d’un journal. En cherchant des équivalences entre la nature fugitive des émotions et le caractère imprévisible de matériaux tels que la cire et le plâtre, l’entreprise déjoue la fixité habituelle propre au genre de l’autoportrait pour emprunter la voie de l’errance et des dérives identitaires.
L’artiste excave ici et là quelques éléments ayant appartenu à des séries antérieures. Sans souci hiérarchique, les visages d’une noblesse génétiquement éprouvée dialoguent avec quelques résidus organiques surprenants et autres fragments anatomiques rencontrés dans le dédale des expériences. Le projet s’affirme dans son désir de réinterpréter le passé à la lueur du présent.
Fortier détourne le modèle historique de la fresque à grand déploiement, celle qui se donne pour mission de graver dans notre mémoire les idéaux propres des grandes épopées humaines. L’artiste dit vouloir créer un continuum dense permettant d’appréhender physiquement les traces accumulées au fil du temps. En effet, dans l’examen de sa petite histoire des quinze dernières années, les distorsions temporelles et physionomiques nous entretiennent bien au contraire de vulnérabilité, de fugacité, de précarité, voire, d’oubli.
I say there is nothing in the whole universe that persists. Everything flows, and is formed as a fleeting image. Time itself, also, glides, in its continual motion, no differently than a river.
Ovid
For fifteen years, Louis Fortier revisits his anatomy – particularly his face – like a diary. Searching equivalences between the fugitive nature of emotions and the unpredictable character of materials such as wax and plaster, the work trifles with the usual fixity of portrait genre to explore the notions of wandering and identity derivation.
The artist here and there excavates a few elements from previous series. Without regard for hierarchy, the faces of the noblesse coexist with organic residues and other anatomic fragments, encountered through a maze of experiments and transformations. The project is affirmed in its desire to reinterpret the past in light of our present age.
Fortier deconstructs the historical model of the frieze, one that has a mission to engrave our memory with traces of the great human epics. The artist is looking to create a dense continuum, allowing the physical apprehension of these accumulated traces. Indeed, in revealing his story of the last fifteen years, the physiognomic and temporal distortions speak of vulnerability, transience, precariousity, and even oblivion.